Le concept du « genre » faisant référence à la construction sociale et culturelle selon le sexe, met en évidence la distinction homme/femme en s’appuyant sur la différence biologique universelle (chaque individu est homme ou femme, et en général pour toute sa vie). Cette différence est l’un des principes fondateurs et organisateurs de notre société.
«On ne naît pas femme, on le devient » : on connaît cette célèbre maxime de Simone de Beauvoir. Pas plus qu’on ne naît homme, d’ailleurs !
Les traits de caractère dits « féminins » ou « masculins » ne sont pas donnés de naissance mais sont construits par : l’éducation, les expériences vécues, les apprentissages, les multiples messages que nous envoie l’ensemble de la société sur ce qu’est une femme, ce qu’est un homme (ou plutôt, sur ce qu’on s’attend à ce qu’ils soient…).
Ces traits de caractère ne sont d’ailleurs pas les même dans toutes les sociétés, même si toutes ont en commun une plus grande valorisation du masculin.
Ainsi, l’anthropologue Margaret Mead a observé un peuple dans lequel les tâches d’entretien du logement sont réservées aux hommes, mais il faut dire que ces tâches y sont considérées comme sacrées, donc trop importantes pour être confiées à des femmes[1]…
Dans notre société comme ailleurs, c’est partout et à chaque instant que les enfants et les adultes des deux sexes rencontrent des messages qui expriment et renforcent l'idée que les comportements des femmes et des hommes sont différents : dans les livres pour enfants, dans les chansons d’amour, dans les publicités, dans la quasi-inexistence des résultats sportifs féminins dans les médias, dans la quasi-inexistence des femmes dans les cours d’histoire, dans la moins grande liberté sexuelle des femmes (qui sont plus vite jugées pour leurs actes), etc…
Nous pensons que l’être humain est beaucoup plus construit par la culture et par la place que la société lui assigne, que par la nature.
Nous ne pensons pas que les femmes sont naturellement "meilleures" que les hommes ou que si elles avaient le pouvoir, le monde se porterait mieux !
Nous ne pensons pas, comme on l'entend souvent, qu'il y ait d'une part des valeurs féminines (la tendresse par exemple) et d'autre part, des composantes naturelles du caractère masculin (l'agressivité par exemple ou encore des besoins sexuels irrépressibles)
Nous pensons que tout cela s'éduque et se construit, et que l'être humain n'est pas soumis à ses hormones.
Pour prendre un exemple dans le quotidien, le fait d’avoir apporté le spermatozoïde et non l’ovule dans la fabrication d’un enfant, ne devrait pas décider que l’on ne fera pas sa lessive, comme c’est pourtant le cas aujourd’hui.
Ce rôle potentiel de chacun dans la reproduction ne devrait pas non plus décider du montant de la rémunération ou de la pension, ou encore de l’implication politique, de la liberté de disposer de son corps, de la violence…tous domaines où pourtant, les statistiques démontrent une incontestable hiérarchie entre le masculin et le féminin.
[1] MEAD M., Moeurs et sexualité en Océanie, 1935.
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