Historique de l'IVG 

Les Femmes Prévoyantes Socialistes et le combat en faveur de la dépénalisation de l’IVG

Petit historique

C’est dès 1933 que les Femmes Prévoyantes Socialistes mettent en place à Bruxelles un dispositif de consultations conjugales afin de répondre efficacement aux nombreuses demandes et difficultés des couples et plus particulièrement des femmes. Les FPS développent un dispositif informatif afin de promouvoir l’idée de sexualité et de parentalité épanouies et responsables. Et se battent déjà contre les punitions prévues en cas d’avortement. Mais cette diffusion d’information fut vite qualifiée de « criminelle » et jugée « dangereuse pour l’avenir du peuple» par les puissantes guildes des femmes catholiques.

Les FPS ne cessent pour autant pas leurs combat et actions. Persévérantes, elles continuent d’informer et d’accueillir les femmes.


En 1963, une enquête organisée par les FPS révèle que 92% de ses membres réclament une liberté en matière d’information et de diffusion des moyens contraceptifs. Fortes des bons résultats obtenus sur le terrain, l’asbl crée, en 1965, le premier Centre de Planning Familial à Bruxelles. Ce centre sera agréé en 1970.


L’année 1973 marque un tournant décisif avec l’arrestation et l’emprisonnement du docteur Willy Peers, gynécologue namurois qui déclare avoir pratiqué quelque 300 avortements à l’hôpital civil de Namur. La mobilisation s’organise, les manifestations et campagnes de soutien prennent de l’ampleur, les débats s’intensifient, des femmes sont prises de panique et consultent les Centres de Planning Familial, enfin les langues se libèrent : 800 femmes et 200 médecins déclarent avoir respectivement subi ou pratiqué des avortements.

 

Cette année-là, les FPS déposent au cabinet du Ministre de la Justice une note reprenant leur position - liberté pour la contraception et le droit à l’avortement - accompagnée de 53.660 signatures en faveur de la libération du Docteur Peers. Une trêve judiciaire de fait durera 5 ans, au terme de quoi les procès contre des médecins et des femmes impliqués dans des pratiques d’avortement reprennent dans tout le pays. Malgré la répression, des centres extra-hospitaliers poursuivent activement leur travail et continuent d’interpeller le pouvoir politique sur l’inadéquation et l’injustice de la loi en vigueur.


En 1984, pour que les centres soient accessibles à un maximum de femmes, les F.P.S souhaitent créer un centre I.V.G par province. Mutualité socialiste et mouvement féminin concrétisent ainsi un de leurs objectifs fondamentaux en matière de santé publique : la lutte contre les avortements clandestins.


En avril 1990, la loi Lallemand-Michielsens dépénalisant partiellement l’avortement a été votée. Le travail des organisations telles les FPS s’en est trouvé gratifié et encouragé. Cette loi n’a pour autant pas suffi à faire accepter la com¬mercialisation de la pilule abortive. Ce n’est qu’en juin 2000, soit 20 ans après sa découverte et 10 ans après la légalisation de l’avortement que la pilule abortive a enfin été commercialisée en Belgique.

 

La Fédération des Centres de Planning Familial FPS coordonne aujourd’hui 16 centres (dont 7 centres I.V.G.) + 3 antennes. Par leurs différentes structures, les F.P.S répondent à un besoin criant des femmes et de la société: aujourd’hui, en Belgique, 78% des I.V.G sont pratiquées en centres de planning.
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