24 février 2010
Permettre aux parents de mieux concilier les besoins de leurs enfants avec leur vie professionnelle sera au 21ème siècle l’un des grands chantiers du droit social, et une source de progrès et de bien-être pour l’ensemble des travailleurs. La proposition d’allonger la durée des congés liés à la naissance d’un enfant, émise par la Commission des droits de la femme du Parlement européen, est donc excellente.
Elle mérite d’autant plus notre approbation qu’elle comprend l’instauration d’un congé de paternité, ce qui ne fait encore l’objet d’aucune obligation de la part de l’Union. Et de surcroît d’un congé de paternité rémunéré, ce qui est bien sûr indispensable. De même, améliorer la rémunération du congé de maternité pour la rapprocher de la rémunération normale de la travailleuse est aussi une excellente proposition.
Nous regrettons cependant que ces propositions ne prennent pas mieux en compte l’exigence d’égalité de traitement entre les travailleurs. Elles confirment en effet, et même renforcent, les rôles inégaux traditionnellement attribués aux femmes et aux hommes, tant dans la famille que dans l’emploi. Au-delà de la période de quelques semaines de repos exigée par la grossesse et l’accouchement, et évidemment réservée aux femmes, le congé supplémentaire peut être considéré non pas comme un congé médical mais comme un congé social, permettant l’accueil du tout jeune enfant dans la société et dans la famille. Cette part là doit être partagée également entre les deux parents, faute de quoi on exerce des discriminations en fonction du sexe. Plutôt que d’allonger le congé de maternité, accroissant ainsi le fossé entre hommes et femmes, il faut donc rendre obligatoire et allonger très significativement le congé de paternité.
Ce qui ne doit pas faire oublier que le meilleur moyen d’assurer l’égalité des parents travailleurs reste et restera toujours une offre d’accueil des enfants suffisante, accessible à tous et adaptée tant aux plus petits qu’aux enfants d’âge scolaire.