Le ministre Antoine laisse les filles sur le banc de touche 

19 mai 2011

 

Lundi, le ministre des Sports de la Communauté française, André Antoine (CDH), présentait son Plan Foot 2011-2015, lequel prévoit d’importants subsides, à hauteur de 101 millions d’euros, pour « permettre au football en Communauté française de rattraper son retard par rapport à la Flandre ». Un montant qui sera mis à disposition de tous les clubs wallons et bruxellois, depuis la D1 jusqu’aux provinciales, pour accroitre leur formation et améliorer leurs infrastructures.

 

Les Femmes prévoyantes socialistes (FPS), en tant que mouvement féministe de gauche actif dans les domaines de la santé et de la citoyenneté, applaudissent l’idée même d’un refinancement du sport. Néanmoins, elles s’interrogent quant au bien-fondé d’allouer un tel montant à une seule discipline, à fortiori le football, un sport essentiellement masculin. Ne serait-il pas plus intéressant de promouvoir et de subsidier des activités sportives pratiquées également par les deux sexes, comme l’athlétisme, le volley-ball ou la natation ?

 

Certes, en théorie, rien n’empêche les filles de s’attaquer au ballon rond. Néanmoins, dans les faits, celles qui choisissent de pratiquer ce sport subissent régulièrement quolibets et regards désapprobateurs. Le ministre Antoine, dans son vaste programme de subsides, a-t-il prévu un volet « promotion du football féminin » ? Les FPS en doutent…

 

Pourtant, depuis 2007, une nouvelle loi, initiée par Christian Dupont (PS), alors ministre de l’Egalité des Chances au Gouvernement fédéral, impose de prendre en compte la dimension du genre dans l'ensemble des politiques fédérales, à tous les niveaux de prise de décision : depuis l’élaboration des politiques jusqu’à leur mise en œuvre et leur budget *. Les FPS encouragent les ministres de la Communauté française à davantage intégrer cette notion de « mainstreaming de genre » à l’avenir.

 

* Voir à ce sujet l’analyse des FPS : « La dimension de genre intégrée dans toutes les politiques et budgets. La loi du 12 janvier 2007 : une nouvelle ère? »