Revue de la littérature
Étude réalisée par Emilie Doutrepont
Les études portant sur la violence infligée au sein des relations amoureuses se
sont généralement centrées sur la violence conjugale du fait de sa gravité et de son caractère répandu. Cependant, depuis les années 1980, un certain nombre d’études ont été menées sur la « dating violence », aux Etats-Unis essentiellement (Archer et Ray, 1989), qui peut être traduite par « violence dans les fréquentations amoureuses à l’adolescence ». La majorité des études portant sur ce phénomène ont été menées auprès d’étudiants universitaires (e.g. Bernard et Bernard, 1983 ; Makepeace, 1981; O’Keefe, Brockopp et Chew, 1986). Ces études suggèrent que la violence infligée chez les jeunes ne doit pas être minimisée car elle prend les mêmes formes que chez les adultes : violence psychologique, physique et sexuelle.
La violence dans les fréquentations amoureuses chez les adolescents constitue donc un problème de santé publique considérable, non seulement à cause de sa
prévalence alarmante mais également parce que cette violence se présente à un stade de vie où les relations amoureuses sont apprivoisées. En effet, l’adolescence est une période de vie hautement significative en ce qui concerne les nouveaux apprentissages et les découvertes amoureuses. L’amour est une préoccupation pour tous les jeunes : ils sont amoureux, ils l’ont été ou ils rêvent de l’être. Une relation amoureuse peut apporter plaisir et épanouissement, ce qui est souvent le cas, mais parfois déception et désarroi, notamment lorsque la violence en fait partie. Les effets des premières relations amoureuses peuvent se répercuter tout au long de la vie. De même, comme le soulignent Archer et Ray (1989), plusieurs de ces jeunes couples d’adolescents chemineront ensemble vers une vie conjugale future, emportant avec eux un mode de recours à la violence comme stratégie de résolution de conflits.
En tant qu’association d’éducation permanente appartenant à un mouvement mutuelliste nous, les FPS, avons décidé de nous pencher sur la problématique de la « dating violence » et avons, dans le cadre de cette étude, articulé notre questionnement autour des questions suivantes : les formes de violence psychologique, physique et sexuelle sont-elles toutes trois présentes au sein des jeunes couples dès l’école secondaire ? Si tel est le cas, en quelles proportions ? Est-il possible, dans un souci de prévention, d’établir un lien entre les diverses formes de violence subies au sein du couple et de potentiels facteurs de risque ?
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